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Violences conjugales : "Je croyais que c'était mon destin"

02 Décembre 2019
Noémie « a eu du mal à être lucide. C’est comme si j’avais eu des œillères pendant des années ».
Noémie « a eu du mal à être lucide. C’est comme si j’avais eu des œillères pendant des années ».

Après avoir vécu 18 années avec un homme qu’elle croyait connaître, Noémie (*) a connu l’enfer des violences conjugales. Témoignage.


« Je ne suis pas une bonne mère, je ne suis pas une bonne compagne… », Comme une musique lancinante ces quelques mots ont fini par bercer le quotidien de Noémie au point de la convaincre.

Il est loin le temps des premiers regards, des premiers baisers et la naissance des deux petits Clara et Thomas (*). Un licenciement, une dépression et voilà qu’après 18 années de vie commune, la relation s’étiole. « Je me disais que c’était comme ça dans tous les couples, qu’il y avait  des hauts et des bas, qu’on ne pouvait pas toujours être heureux. Que c’était mon destin… ».

« Selon les jours, selon les heures, selon les verres… »

« Quand j’y repense… Ça a d’abord commencé par des mots, des petites réflexions : “t’as pas fait les courses ? T’es bonne à rien !” “T’as pas vu que j’avais plus de linge propre ? Mais à quoi tu sers ? »  Noémie est rabaissée et humiliée, mais elle se dit qu’elle a sûrement sa part de responsabilité. Après tout c’est vrai qu’il n’y a plus de café dans le placard et qu’il n’a plus de chaussettes dans son tiroir…

Et puis il y a cet alcool, ce poison qui s’immisce insidieusement dans la famille pour finalement s’inviter à table chaque soir. « Selon les jours, selon les heures, selon les verres… Je savais si oui ou non je pouvais lui parler, si oui ou non je pouvais avoir une vraie discussion… ».

Et puis tout doucement la violence verbale a dérivé… « Avec la dépression, l’alcool, le stress de son nouveau boulot, il n’arrivait plus à maîtriser ses nerfs. Il a commencé à casser des objets. ». Une porte-fenêtre, une table. « Qu’importe, après tout ce n’est que du matériel et puis la situation est compliquée, tous ces soucis, ça ne doit pas être facile à gérer », se disait-elle. La jeune femme continue de chercher des excuses à son homme et tente par tous les moyens de l’aider à se défaire de ses démons. « Je m’en faisais même un devoir… », se souvient-elle.

Des efforts à sens uniques. Les reproches sont de plus en plus nombreux, sur tout, sur rien… Finalement, il faudra attendre deux années, plongée dans une violence devenue quasi ordinaire, pour que Noémie sorte de son mutisme et de son déni, poussée par les siens.

Ce jour-là après une grosse journée de travail, elle prend le temps de souffler un peu en regardant son téléphone… Elle n’« aurait pas dû », se remémore-t-elle – des mois se sont peut-être écoulés, et pourtant le sentiment de culpabilité vient encore perfidement ponctuer son discours –. S’en suit une violente dispute. « Il m’a pris mon portable et est sorti dehors. Je l’ai suivi et j’ai essayé de le récupérer dans sa poche… Après c’est flou… Je me revois au sol, lui en train de placer son bras autour de mon cou et à commencer de serrer. En fond sonore ma fille qui pleure… ». Par chance, ce soir-là trois bonnes étoiles veillent sur elle : sa petite fille donc qui, assistant à la scène, a appelé les gendarmes, sa voisine qui, alertée par les cris dans le jardin, a ordonné à son compagnon de la lâcher, et sa sœur. Cette dernière est sur répondeur au moment où Noémie tente de l’appeler en voyant la situation dégénérer. Le fil de la dispute est finalement enregistré sur la messagerie, une aubaine pour la jeune femme. « Sans ça, une fois devant les gendarmes, ça aurait sa parole contre la mienne… Et il est tellement manipulateur qu’il les aurait convaincus. ».

« Manipulateur », le mot est posé… Car durant toutes ces années, il aura donné le change. En société, personne n’aurait pu se douter. « Nos amis m’ont dit : “toi qui a tout le temps le sourire aux lèvres, on aurait jamais imaginé ”. Une fois que la porte est fermée, personne ne sait… »...

(*) Les prénoms ont volontairement été modifiés.

Déborah Layris

(L'article dans son intégralité est à retroubver dans
notre édition datée du vendredi 29 novembre 2019)


Article publié le 02/12/2019 à 10:49
Auteur : Redaction Laruche
Crédits photos : La Ruche
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