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Béal : le Sage Alagnon ne reçoit pas les arguments des habitants

05 Août 2019
Le non-respect du débit minimimum de 1.360 l/s dans le béal génèrerait une mortalité piscicole récurrente dans l’Alagnon.
Le non-respect du débit minimimum de 1.360 l/s dans le béal génèrerait une mortalité piscicole récurrente dans l’Alagnon.

Il y a deux semaines, les habitants de Lempdes-sur-Allagnon se soulevaient contre une directive européenne menaçant l’eau de leur béal et le rôle du Sage. Mais l’eau de l’Allagnon, est-elle patrimoine commun ou destinée à l’usage de quelques-uns ?


Nicole Viguès, présidente de la Commission locale de l’eau du Sage Alagnon (CLE) et Véronique Mérand, chargée de mission au Sigal (Syndicat interdépartemental de gestion de l’Alagnon et de ses affluents), souhaitaient apporter une clarification concernant les enjeux de cette réglementation.

95 % du temps, le béal serait  en eau

« Il s’agit d’une réglementation nationale à laquelle le Sage n’apporte pas de contrainte supplémentaire. Cette loi s’impose à tous et consiste à privilégier la préservation minimale de la rivière en période déficitaire », tirent au clair les deux spécialistes.

Ce qui ne veut pas dire : une disparition de l’eau dans le Béal de l’Alagnon. L’application de cet arrêté peut conduire à l’assèchement du béal quelques jours par an les années de sécheresse, ce que refusent d’accepter certains usagers. Pourtant, 95 % du temps, le béal serait en eau en respectant le débit minimum (1.360 l/s). Tous les biefs qui respectent ce débit présentent une période d’assec acceptée par l’ensemble des acteurs de l’eau, les espèces présentes dans la rivière étant jugées comme à sauvegarder en priorité.

Le non-respect de ce débit, comme c’est le cas à Lempdes-sur-Allagnon, puisque « certains usagers du béal referment comme bon leur semble la vanne de décharge pour maintenir une hauteur suffisante dans le béal pour leurs prélèvements personnels, selon Véronique Mérand, et cela génère une mortalité piscicole récurrente dans l’Alagnon en raison notamment, d’une augmentation accrue de la température de l’eau et d’une diminution de l’oxygénation ».

Actuellement, le béal prélève environ 500 l/s alors qu’il n’y a que 900 l/s dans l’Alagnon, voire moins en amont. « Autant dire que les truites, ombres, tacons (jeunes saumons) et autres espèces dans l’Alagnon doivent se débrouiller avec ce qu’il reste, soit 400 l/s, déplore Véronique Mérand. L’eau du béal ne devrait pas être utilisée durant ces périodes de crise... »

Géraldine Garcia

(L'article dans son intégralité est à retrouver
dans notre édition datée du vendredi 2 août 2019)


Article publié le 05/08/2019 à 10:09
Auteur : Redaction Laruche
Crédits photos : La Ruche
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